mercredi 11 avril 2018

Les affinités, Robert Charles Wilson






Voilà un roman de science-fiction et d’anticipation qui est tout à fait dans l’air du temps, présent et à venir.

Ça parle des réseaux sociaux et de la catégorisation de leurs membres par affinités.
L’histoire construite par l’auteur est en réalité une étude sociétale, et tente d’expliquer pourquoi nous sommes quasiment tous connectés à ces réseaux.

Pourquoi ce besoin de rejoindre ou de se créer un groupe d’amis ? Et pourquoi, quand on se retrouve en dehors on replonge aussi sec ? Les moyens technologiques modernes exercent-ils une attraction irrésistible qui nous pousse à faire comme tout le monde, à s’insérer dans un groupe de personnes qui partage les mêmes valeurs ? Un genre de famille élargie dans laquelle on se sentirait bien ? Sur qui on pourrait compter au cas où ?

La vie nous paraîtrait-elle vide ou morne si on ne se sentait pas «  inclus » quelque part ?

Le récit dont il est question ici va plus loin encore, car il pose la question de possibles dérives liées à une évaluation scientifique et sociologique, qui désignerait avec certitude nos tendances et nous classerait par affinités.

L’être humain est un animal social, pas de doute. Même les solitaires ont besoin d’un minimum de contacts avec leurs congénères. Mais l’homme aime généralement mieux côtoyer des gens qui lui ressemblent, en qui il pense pouvoir avoir confiance, et en qui il a le moins de risques d’être déçu.

Autrement dit, il a tendance à se retrancher dans son cocon, en excluant ceux qu’il juge «  pas sur la même longueur d’onde », qui sont par définition peu fiables, et qui font peur finalement.

Cet animal moderne a aussi tendance à être frileux, et s’il a le choix entre un chemin balisé et un autre hasardeux, il va choisir le balisé. C’est plus rassurant et on risque moins d’y laisser des plumes.

Pour en revenir au roman, je l’ai trouvé passionnant. Voilà, un seul mot, passionnant.




3 commentaires:

  1. Je me demande si la volonté de Wilson n'est pas aussi de nous mettre en garde contre l'apparition progressive d'un système de réseaux sociaux qui pourraient peu à peu accéder à des tranches de pouvoir politique qui auraient du poids législatif et exécutif. L'affinitaire remplaçant ou côtoyant à puissances égales les nations traditionnelles avec leurs frontières, les systèmes religieux moins géographiquement regroupés, les conglomérats économiques à échelle mondiale, rejetant les hors-groupes comme inutilités négligeables. Wilson semble appuyer la pérennité possible du système affinitaire via l'entre-aide, ne prend pas position sur ses nuisances potentielles. Bref, mon impression est vague: Wilson semble craindre et néanmoins espérer, un peu à l'image de cette fin ouverte qui ouvre tous les possibles.

    G

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    1. Oui, il ne prend pas franchement position, mais c'est souvent le cas des auteurs, il me semble. Ils nous alertent, nous incitent à la réflexion...
      Lui nous montre ici que les hommes ( au sens large), ont tjs tendance à appliquer le " qui se ressemble s'assemble", en politique, religion ou par les réseaux sociaux. En ce moment et dans un futur proche, ce sont les réseaux sociaux qui ont le vent en poupe, donc..

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  2. Je reviens sur le roman et, malgré le peu de souvenirs qui m'en reste, me penche sur les coups d'essorage que semblent subir de plus en plus certains réseaux sociaux en espérant que les affinités ne fassent plus corps et poids autour de certains sujets sensibles.

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